Cacao : les pluies extrêmes menacent les récoltes en Afrique de l’Ouest

Les fortes pluies pourraient faire davantage de dégâts aux plantations de cacao que la hausse des températures ou les pénuries d’eau. C’est l’une des conclusions d’une étude publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), qui met en évidence les effets des précipitations extrêmes sur les rendements du cacao dans les régions tropicales.

Selon SciDev.Net, qui rapporte les résultats de cette recherche menée par des scientifiques de l’Université Harvard, aux États-Unis, les pluies abondantes peuvent endommager les fleurs et les jeunes cabosses, perturber la pollinisation et favoriser les maladies fongiques.

L’étude s’appuie sur l’analyse des régimes pluviométriques au Ghana, en Indonésie et en Équateur, trois pays producteurs de cacao. Les chercheurs ont notamment constaté que les épisodes de fortes précipitations pendant la floraison et le développement des jeunes fruits peuvent compromettre les récoltes.

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Ces perturbations représentent un risque économique important. Selon les auteurs, près de six millions de petits producteurs dépendent principalement du cacao pour leurs revenus.

L’excès d’humidité favorise les maladies

L’un des principaux dangers identifiés est la pourriture noire des cabosses, une maladie fongique susceptible de détruire une partie importante de la production.

Interrogée par SciDev.Net, Anna Léa Albright, chercheuse au Département des sciences de la Terre et des planètes de l’Université Harvard et auteure principale de l’étude, explique que les fortes pluies et les vents violents peuvent endommager physiquement les fleurs et les jeunes fruits du cacaoyer.

L’excès d’humidité favorise également le développement des champignons. Les spores responsables de la pourriture noire peuvent être dispersées par les éclaboussures de pluie, accélérant ainsi la propagation de la maladie dans les plantations.

Peter Huybers, co-auteur de l’étude, précise que les infections peuvent apparaître environ une semaine après un épisode pluvieux.

Toutefois, les conséquences des précipitations dépendent aussi des conditions de culture. William Melo Zipacón, chercheur chez Alliance Bioversity International et au CIAT, souligne que les plantations constituées de variétés sensibles, mal entretenues ou insuffisamment ombragées sont particulièrement vulnérables.

Autrement dit, toutes les exploitations ne subissent pas les mêmes conséquences face à une quantité identique de pluie.

El Niño, un facteur de risque supplémentaire

Les chercheurs attirent également l’attention sur le phénomène climatique El Niño, susceptible de modifier considérablement la répartition des précipitations dans les régions productrices de cacao.

Selon les observations rapportées par SciDev.Net, les épisodes El Niño sont généralement associés à une baisse des pluies en Afrique de l’Ouest et en Indonésie, mais peuvent provoquer de fortes précipitations sur les côtes équatoriennes.

En Équateur, les pluies abondantes enregistrées entre février et avril peuvent notamment affecter les récoltes six à huit mois plus tard.

En Afrique de l’Ouest, où est cultivée une part importante du cacao mondial, l’intensification des épisodes pluvieux pendant la saison humide constitue également une préoccupation pour les producteurs.

Mieux anticiper les fortes pluies

Face à ces risques, les chercheurs plaident pour le développement de systèmes d’alerte précoce adaptés aux besoins des producteurs. L’objectif est de transformer les prévisions météorologiques en recommandations concrètes pour les travaux agricoles.

Cela passe notamment par l’amélioration du drainage des plantations, l’entretien régulier des cacaoyers, la taille sanitaire et la préparation des traitements contre les maladies fongiques.

Rey Gastón Loor, responsable du programme cacao à l’Institut national de recherche agricole de l’Équateur, insiste notamment sur la nécessité d’évacuer rapidement l’eau des plantations situées dans les zones basses lorsqu’elles restent inondées pendant plusieurs jours.

Les chercheurs de Harvard travaillent déjà avec des partenaires en Équateur et en Afrique de l’Ouest pour rendre les prévisions de fortes pluies plus utiles aux producteurs.

Au-delà des variations de température et des périodes de sécheresse, cette étude rappelle ainsi que l’excès de pluie constitue un risque climatique majeur pour la cacaoculture. Pour les pays ouest-africains, dont les économies agricoles dépendent fortement de cette filière, mieux anticiper les précipitations pourrait devenir un enjeu important pour préserver les récoltes et les revenus des producteurs.

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Cet article a été adapté par Mardochée BOLI d’un reportage publié le 16 octobre 2026 sur SciDev.Net,  sous licence Creative Commons Attribution 3.0. 

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