Mali : le rendement du maïs pourrait chuter de 50 % dans un scénario de fonte du Groenland

 Au Mali, un hectare de maïs qui produit 1 500 kg pourrait n’en donner que 750 kg dans un scénario de fonte importante de la calotte glaciaire du Groenland. Cette baisse potentielle de 50 % est mise en évidence par une étude publiée dans la revue scientifique Environmental Research: Climate.

Les chercheurs estiment qu’une perturbation de la mousson ouest-africaine pourrait affecter les récoltes de maïs, de mil et de sorgho dans plusieurs pays de la région y compris le Mali.

Pourquoi la fonte des glaces, à des milliers de kilomètres du Mali, pourrait-elle affecter les récoltes maliennes ? Parce que d’importants apports d’eau douce dans l’Atlantique Nord peuvent modifier la circulation océanique, influencer la mousson ouest-africaine et perturber les conditions de pluie et de température dont dépendent les cultures.

Menée par Dimitri Defrance, Sylvie Charbit, Benjamin Sultan et Thomas Noël, l’étude combine des simulations climatiques et agricoles pour examiner l’évolution du maïs, du mil et du sorgho au Mali et dans quatre autres pays ouest-africains entre 2041 et 2070. Dans le scénario lié au Groenland, les précipitations pourraient diminuer de 50 à 200 mm selon les pays, tandis que les cultures seraient davantage exposées aux fortes chaleurs.

Cette figure compare les précipitations, la température de l’air près de la surface et le rayonnement solaire à la surface dans les zones de culture simulées au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Nigeria et au Sénégal, entre la période historique et les trois simulations climatiques futures.

Pour les agriculteurs maliens, dont une grande partie des cultures dépend des pluies saisonnières, un tel changement pourrait compliquer les récoltes et fragiliser la production céréalière.

Mais les 750 kg de maïs par hectare ne sont pas une prévision certaine. Il s’agit du résultat d’un scénario de modélisation, et non d’une annonce sur les prochaines récoltes au Mali. Les effets réels dépendront notamment de l’évolution du climat et des conditions agricoles locales.

L’Institut de recherche pour le développement (IRD), qui présente les principaux résultats, souligne les risques que ces perturbations climatiques pourraient faire peser sur les céréales en Afrique de l’Ouest.

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Cet article a été écrit par Mardochée BOLI. 

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